Cette année, nos élèves de deuxième et troisième année ont monté la comédie musicale Cabaret. Présentation de cette œuvre culte du répertoire théâtral, cinématographique et littéraire.

Cabaret, success-story d’une comédie musicale

La comédie musicale est écrite par Joe Masteroff, sur une musique de John Kander – qui a aussi fait celle de Chicago. Les paroles des parties chantées sont, elles, de Fred Ebb. Elle remportera 8 Tony Awards ! Kander et Ebb collaboreront d’ailleurs plus de 40 ans ensemble sur des comédies musicales. Elle voit le jour en 1966, mise en scène et produite par Harold Prince, et cette première version sera à l’affiche pendant trois ans, s’illustrera aux Tony Awards, et Kander et Ebb décrocheront un prix pour leurs compositions.

C’est de cette version que naîtra le film de Bob Fosse, en 1972. Film qui remportera, lui, 8 Oscars ! Bob Fosse est issu du monde du spectacle de Broadway avant de passer derrière la caméra. Cabaret est son deuxième long-métrage et lui vaut l’Oscar du Meilleur Réalisateur. Liza Minnelli, qui tient le rôle titre de Sally Bowles, remporte la statuette de Meilleure Actrice. Joel Grey, qui y incarne comme dans la comédie de Broadway de 1966, le maître de cérémonie, empoche pour sa part l’Oscar du Meilleur Second Rôle.

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Les origines de Cabaret

Avant de devenir une comédie musicale et un film aux succès retentissants, Cabaret, c’est une pièce de théâtre, I Am A Camera, de John Van Druten. Elle-même adaptation d’un roman de Christopher Isherwood, Berlin Stories (Adieu A Berlin, en français). Le titre de la pièce est une référence directe au livre. Il s’agit d’une citation de la première page de l’œuvre d’Isherwood :

 » Je suis un appareil photo avec son obturateur ouvert, assez passif, enregistrant, ne réfléchissant pas »

Chacune des versions théâtrales prend sa part de libertés avec le roman originel. Mais le cœur des intrigues est essentiel et immuable : nous sommes en Allemagne dans les années 1930, pendant la montée du mouvement nazi, et il est question de ce spectre noir qui deviendra bientôt monstre d’Etat.

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Le Pitch

Allemagne, années 30, le nazisme monte en puissance et le pays est sur le point de basculer dans le IIIe Reich. Pour oublier la noirceur du temps, les nuits berlinoises offrent un spectacle extravagant et libre. On y oublie l’actualité, s’y perd, s’y trouve, on y vibre intensément. C’est dans ce climat que débarque un auteur américain, Clifford Bradshaw, emporté par le tourbillon du Kit Kat Club et de sa vedette Sally Bowles, avant d’être rattrapé par la réalité d’un monde qui s’effondre.

Pour celleux qui auraient exclusivement vu l’adaptation cinématographique de Bob Fosse, la divergence saute déjà aux yeux. En effet dans la version hollywoodienne Clifford s’appelle Brian… Les différences ne s’arrêtent pas là. Notamment le duo Schneider/Schultz est remplacé, à l’écran, par celui de Fritz/Natalia. Plus jeune et donc plus « cinégéniques » sûrement pour les standards de l’industrie américaine de l’époque… Les enjeux sont les mêmes sur la question juive, mais la dynamique du couple est totalement opposée.

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Les versions de Cabaret

Depuis la première de 1966, Cabaret a été maintes fois reprises dans les théâtres du monde. En 1968 à Londres une version avec Judi Dench voit le jour. En 1986 en France c’est Jérôme Savary qui crée sa version à Lyon. Il la reprend à Paris en 1897 au Théâtre Mogador. Cette année là, c’est la première cérémonie des Molières. Le Cabaret de Jérôme Savary emporte le prix du Meilleur Théâtre Musical. Son actrice vedette, Ute Lemper, remporte la Révélation Théâtrale Féminine.  En 1998 le britannique Sam Mendes signe sa version pour Broadway, qui reste six années consécutives à l’affiche ! C’est cette mise en scène qui sera reprise jusqu’aux années 2010 en France et à l’étranger.

Notre version à nous, elle, est originale, mise en scène par Grégory Bellanger, notre directeur et professeur, que Léa Villegas, élève de deuxième année, a assisté. Notre professeure de danse Camille Lélu, qui signait ici avec beaucoup d’émotion de tous les côtés, sa dernière création pour La Manufacture de L’Acteur, a créé les chorégraphies. Enfin Leonardo Valazza, notre professeur de chant, a assuré la direction musicale.

Et au casting il y avait Luma Cazaux-Ferraz (Sally Bowles), Bryce Angot (Clifford Bradshaw), Benjamin Castet (Maître de Cérémonie), Marie-Aude Servant (Fraulein Schneider), Guillaume Merienne (Herr Schultz), Lucien Sochard (Ernst Ludwig) et Zoé Fockedey (Fraulein Kost). Mais aussi Nadi El Assaad, Emeline Farhat, Armelle Fourniol, Jilani Gharbi, Aaron Ghezail, Engaline Guibert, Coline Poulain, Lucien Sochard et Félicie Verset de la Promo Sarah Bernhardt. Et Lucie Albinet, Océane Auribault, Camille Bourumeau, Chiara Casalta, Lucas Corrado, Marie Degrave, Baptiste Denis, Joséphine Dubois, Soané Faupala, Julie Gamer, Camille Gauthier, Pierre Gazeau, Laurene Georgeault, Lou Girardot, Tom Guillemin Santos, Lauriane Lapierre, Roxane Lebel Davion (et son accordéon en live), et Léa Villegas de la Promo Jean Renoir.

 

Voilà, désormais vous êtes incollables sur Cabaret, vous pourrez crâner en société !