8 questions à la directrice pédagogique de la Manufacture

Curieux d’en savoir un peu plus sur l’équipe pédagogique de la Manufacture de l’Acteur ? Nous avons posé quelques questions à Clémence Carayol, la directrice pédagogique. Vous allez voir, on a passé pas mal de sujets en revue...

Être la directrice pédagogique de la Manufacture de l’Acteur, en quoi est-ce que cela consiste ?

C’est un poste très complet : il s’agit d’élaborer le programme et les plannings des 3 années en concertation avec le directeur et l’équipe pédagogique. Afin de s’assurer de la cohérence de la ligne pédagogique sur les 3 ans du parcours.

Je m’assure également du contenu des cours, de leur bon déroulement tout en étant à l’écoute des élèves et de toute l’équipe pédagogique. Je travaille pour cela en étroite collaboration avec la direction.

Mon poste s’étend par ailleurs à un travail de veille sur l’activité des écoles de théâtre à Paris et en France. Je gère aussi le rayonnement de l’école par le développement de partenariats.

Tout en restant disponible pour les éventuels impondérables tout au long de l’année, surtout dans la période que nous traversons ! Le but étant de toujours faire mieux d’une année sur l’autre avec notre belle équipe !

Qu’est-ce qui te plaît le plus et le moins dans ce rôle ?

Ce qui est le plus agréable est sans conteste le dialogue et l’échange avec les élèves et l’équipe pédagogique.
Construire un programme pédagogique reste également un exercice passionnant ! Surtout parce que notre directeur Grégory, tous nos professeurs et moi, avons à cœur de construire l’école de théâtre que nous aurions rêvé d’avoir.

Je ne vois pas vraiment de côté négatif dans mon poste; je le construis afin que tout me plaise dans cette fonction et que je puisse l’incarner dans le confort et la confiance.

 

Selon toi, quelles qualités faut-il avoir pour devenir comédien.ne ?

Il faut faire preuve d’une grande adaptabilité en fonction des équipes avec lesquelles on travaille.
La créativité est essentielle : il faut d’ailleurs être force de propositions sur le plateau. La pleine conscience de ce que l’on est demeure un atout majeur : connaître au maximum son instrument de travail pour pouvoir l’utiliser au mieux et le mettre au service de chaque rôle.

Et pour être un.e bon.ne professeur.e d’interprétation ?

Écoute et intuition sont des qualités indispensables pour être un.e bon.ne professeur.e d’interprétation : c’est notre rôle de déceler le caractère et la nature de jeu de chaque comédien.ne, et d’être capable de les guider.

L’envie de transmettre dans la générosité et de partager cette discipline doivent aussi nous animer.

Être capable d’encourager la curiosité et la « gourmandise » d’être sur le plateau offre aux élèves la motivation et le lâcher prise nécessaires à leur formation d’artistes.

 

Quel est ton objectif principal en tant que professeure d’interprétation ?

Plus qu’un objectif, disons que notre mission est de permettre à chaque comedien.ne de se révéler à lui-même ou elle-même, dans son originalité.

Il s’agit aussi de guider les comédiennes et comédiens à se découvrir pour ensuite composer un personnage avec les outils et techniques qu’ils auront acquis au long du parcours.

 

 

Un mot sur les atouts de l’école ?

Les atouts de la Manufacture de l’Acteur pourraient se décliner en trois points : 

  1. L'exigence : la formation demande du travail, de la discipline et de la rigueur ;
  2. Le plaisir : toujours restituer l’amusement, le côté ludique pour transmettre et enseigner; nous encourageons les élèves à se jeter à l’eau, à se sentir vivants et habités sur un plateau ;
  3. La variété : notre école propose un cursus riche et complet; tous les intervenants et professeurs sont des professionnels en activité. Un atout de taille!


Ta pièce ou ton œuvre favorite ?

C’est tellement dur d’en choisir une seule ! (rires)

Je vais vous donner mon top 3 : 

  1. Hamlet de Shakespeare, pour le côté intemporel de l’histoire ;
  2. Scènes de chasse en Bavière de l’auteur Martin Sperr, pour la modernité du propos ;
  3. My Fair Lady de George Bernard Shaw, pour la jubilation pétillante de cette comédie romantique.


Des projets, des actualités de ton côté à partager avec nous ?

Oui, les mois à venir s’annoncent chargés !

J’ai un projet de tournée avec ma compagnie sur une pièce créée en 2019 à Avignon, et pour laquelle nous avons reçu le Grand Prix des Coups de Coeur de la Presse.

En tant que metteur en scène, je prépare aussi 2 créations dont MacBeth, et en tant que comédienne je travaille sur 2 projets également, mais encore un peu confidentiels.

La suite au prochain épisode !


Les répétitions des 2 promos de la Manufacture de l’Acteur

À la Manufacture de l’Acteur, les fins d’années sont toujours chargées car les spectacles des différentes promos se préparent.

Une fois n’est pas coutume, nous vous emmenons avec nous dans les coulisses de l’école. Suivez-nous pour assister - en catimini - aux répétitions des élèves, et en savoir un peu plus sur les examens qui arrivent !

Les répétitions de la promo Mnouchkine...

Ah la promo Mnouchkine, les premières années de la Manuf’...
Le 3ème trimestre marque pour eux les premiers pas sur scène, avec notamment 2 objectifs :

  • Mener à bien un projet collectif ;
  • Trouver la discipline et le plaisir dans le rythme des répétitions ;

Le tout en vue de présenter un spectacle dans un grand théâtre parisien. Mis en scène avec un niveau d’exigence professionnelle, les élèves ont ainsi l’opportunité de s’interroger sur les problématiques techniques et artistiques de mise en scène d’un texte.
S’il y a des parties chantées et dansées dans le spectacle, ce sont les professeurs de chant et de danse qui interviennent.

Façades, le spectacle de fin d’année des premières années

Avec “Façades”, les élèves de la promo Mnouchkine s’approprient 7 pièces courtes, de 3 auteurs anglo-saxons (les américains Neil LaBute et Israël Horovitz, et l’australienne Joanna Murray Smith).

Au programme : observation et description des névroses et contradictions de leurs contemporains, et mise en scène de leurs comportements dans diverses situations, un mariage, une file d’attente, ou encore un marathon.
Le tout de manière humoristique et acide, pour révéler le vrai visage des personnages derrière les sourires et attitudes de façade qu’ils présentent en société.

Ce spectacle sera joué par la promo Mnouchkine le dimanche 27 juin, à 15h, à la Comédie de Paris, avec une mise en scène d’Adrienne Olle.

 

 

Les répétitions de la promo Labiche

Pour la promo Labiche (2ème année), le 3ème trimestre est enfin le moment de se produire dans un théâtre parisien mais aussi de partir pour le Festival OFF d’Avignon.

Avec leurs metteurs en scène, la promo a travaillé sur deux beaux projets. Deux classiques du répertoire. Plusieurs semaines de répétitions et de création pour parfaire leur formation, apprendre à travailler comme une troupe professionnelle et se préparer à se confronter au public et à la scène.

Le contexte sanitaire a obligé de décaler la pièce de milieu d’année sur la fin de la saison. Une fin d’année donc sous le signe des représentations, puisque la troupe va jouer ses deux spectacles à quelques jours d’intervalles.

Les pièces jouées par la promo Labiche en cet été 2021

Cette année, les élèves de la promo Labiche ont travaillé sur 2 spectacles différents.

  • Le Cid

Le Cid, c’est la parfaite illustration du dilemme cornélien : amour et devoir, raison et folie, honneur et passion.
Les âmes se déchirent en s’adressant au cœur ET à l’esprit.

Les voix se fragmentent dans cette adaptation chorale de la pièce de Corneille. Vous y découvrirez donc les multiples facettes des personnages en proie à leurs démons, et suspendus au fil de leur destinée.
Ce spectacle mis en scène par Clémence Carayol avec l’ensemble de la promo Labiche est à retrouver à la Comédie de Paris, dimanche 27 juin 2021 à 17h.

 

 

 

  • Les tracasseries domestiques

Un comte (Ottavio) et une comtesse (Béatrice, sa belle-soeur) ont érigé entre eux, à l’intérieur de la maison familiale, une frontière imaginaire où l’animosité gouverne les rapports et pollue les habitants de cette demeure, y compris Coraline (éminence grise de Béatrice) et Brighella (factotum d’Ottavio).

Cette pièce de Carlo Goldoni est inédite en France. Elle est mise en scène par Rémi Chenylle. 2 dates sont prévues au Théâtre Montmartre Galabru : vendredi 25 et samedi 26 juin à 19h. Ensuite, “Les Tracasseries Domestiques” s’en iront pour le Festival OFF d’Avignon 2021 et seront jouées au Théâtre Tremplin, du 7 au 31 juillet à 18h30.

 

 

 

Un mot aussi sur les examens clôturant l’année

Jeudi 1er juillet auront lieu les examens des élèves de la Manufacture de l’Acteur. Les élèves joueront devant un jury de professeurs et de comédiens professionnels, ayant eu 4 mois pour se préparer.

Le sujet de ces examens ?

  • Les 1ères années joueront des scènes dialoguées. Ils devront présenter une scène classique et une contemporaine. Le binôme comme l’auteur à jouer est imposé.
  • Les 2èmes années, de leurs côtés, ont été regroupés en troupe de 4 comédien.nes, et doivent présenter un format court d’une pièce de leur choix. Ils ont dû travailler sur le jeu, la mise en scène et prendre en charge tout ce qui est décors, costumes, scénographie… Tout comme une vraie troupe !

Bonne chance à tous !

 

Nous espérons que ces petits “behind the scenes” vous auront plu.
Si vous avez la moindre question concernant les spectacles, l’école, les programmes pédagogiques… contactez-nous !


La manufacture de l'acteur - Cours divers

Pourquoi choisir la Manufacture de l’Acteur pour sa formation de comédien.ne ?

La Manufacture de l’Acteur est une école de théâtre destinée à tous ceux souhaitant faire de leur passion un métier. Découvrez nos atouts, le programme de l’école et ce qu’en disent nos élèves.

Les atouts de la Manufacture de l’Acteur

L’atout principal de la Manufacture de l’Acteur - du moins celui le plus cité par les élèves - est sans doute la richesse de la formation. Car venir à la Manufacture, c’est se former et travailler toutes les disciplines nécessaires au métier de comédien : théâtre, danse, chant, improvisation…

Mais pour ouvrir les élèves à d’autres disciplines, nous incluons bon nombre d’ateliers variés : commedia dell’arte, clown, coaching vocal ou encore combat scénique.

Nous avons à cœur d’inclure ces ateliers dans la formation car ils permettent d’enrichir le jeu des élèves. Et c’est bien là ce que nous cherchons à faire : ne pas formater le jeu des comédiens, ne pas lisser leur personnalité mais au contraire révéler leur identité artistique.

L’autre atout de la Manuf’ (pour les intimes) repose sans aucun doute sur les rencontres avec des professionnels. Chaque jour, les élèves sont en contact avec des professionnels du métier. Acteur, actrice, comédien, comédienne, pensionnaire de la Comédie Française, réalisateur, scénariste… Aussi, tous les professeurs de la Manufacture de l’Acteur sont en activité : ils représentent donc des interlocuteurs privilégiés pour les élèves tout en créant des ponts entre un univers théorique et confiné, et une sphère plus publique et réaliste.

Dernier atout, et pas des moindres : les spectacles. Chaque année, les élèves de la Manufacture de l’Acteur sont amenés à jouer dans des conditions professionnelles, dans des théâtres de Paris nous renouvelant leur confiance année après année : Théâtre Michel, Théâtre Montmartre Galabru… Les présentations de travaux semestriels et représentations de fin d’année sont des moments forts du cursus. Les élèves participent aussi au Festival OFF d’Avignon, de renommée internationale.

Ces moments sont parfaits pour se confronter au public et progresser, le tout en prenant du plaisir, en plus de constituer un premier tremplin vers la professionnalisation.

Formation de comédiens à la Manufacture de l’Acteur : le programme

La formation de la Manufacture se déroule sur 3 années.
16 heures de cours par semaine sont prévues, avec l’intervention de professeurs aux univers variés.

Au cours de ces 3 années, les élèves sont accompagnés vers la vie active :

  • Préparation aux concours et castings,
  • Encadrement par des professeurs en activité,
  • Masterclass avec des professionnels,
  • Relais des offres de castings tout au long de l’année,
  • Et plus encore !

Le cursus se scinde en 3 années, pour 3 étapes majeures.

La première année débute par la prise de conscience de son instrument et une première approche du texte. L’objectif est d’apprendre à gérer son corps dans l’espace, placer sa voix, se connecter à ses émotions mais aussi à un groupe. Elle se poursuit avec la sensibilisation aux outils pour aborder un texte classique ou contemporain. Une partie un peu plus théorique permet de connaître les grands jalons de l’histoire du théâtre. Le 3ème trimestre offre aux élèves leurs premiers pas sur scène !

La 2ème année s’ouvre sur la consolidation de la technique pour s’en libérer dans le jeu.

Au cours du 2ème trimestre, les élèves joueront face caméra et découvriront le théâtre contemporain. La 2ème année à la Manufacture de l’Acteur s’achève par la production dans un théâtre parisien : défendre un spectacle sur plusieurs dates, travailler et créer dans un esprit de troupe sont les objectifs indéniables de cette fin de 2ème année.

En 3ème année, il s’agit de se professionnaliser. Les effectifs sont plus serrés afin d’accompagner chaque élève dans la compréhension du monde complexe qu’est le spectacle vivant. L’année - et la formation - se clôture sur la participation au Festival OFF d’Avignon, véritable tremplin vers la vie active.

Ce qui plaît aux élèves à la Manufacture de l’Acteur

Parmi ce qui plaît le plus aux élèves de la Manufacture de l’Acteur, on retrouve :

  • La bienveillance des professeurs, leurs manières différentes de travailler et de “bousculer” les élèves ;
  • Un programme complet, extrêmement riche, avec des cours et des enseignants divers et très complémentaires ;
  • Des profils variés parmi les élèves, pas de profil “type” : chacun apporte sa personnalité, ses forces, sa sensibilité ;
  • La professionnalisation dès le jour 1 : les élèves sont tout de suite considérés comme des professionnels ;
  • La possibilité de réserver des salles pour répéter en dehors des horaires de cours ;
  • Les multiples représentations, à Paris comme à Avignon, qui sont de belles opportunités de monter sur scène dans un cadre professionnel et de mettre en oeuvre ses apprentissages ;

Et selon les mots de Laurine : “L’écoute, l’humanisme, la bonne entente, les fous rires, les rencontres, la famille qu’on est devenue,  les théâtres parisiens, le festival d’Avignon, la compagnie qu’on a créée …”

On n’a pas trouvé mieux comme mot de la fin :)


Portes Ouvertes à la Manufacture !

La Manufacture de l'Acteur ouvre ses portes ! 

Les personnes désirant intégrer l’école peuvent désormais venir prendre des renseignements, découvrir l'équipe pédagogique, les élèves, les locaux ...
Un moment consacré à vous présenter notre formation et répondre à vos questions. Ce sera aussi l'occasion de faire un atelier théâtre afin que vous puissiez découvrir notre pédagogie et passer l'audition d'entrée.

Voici nos prochaines dates :

  • Samedi 17 avril de 14h à 17h
  • Samedi 15 mai de 14h à 17h
  • Samedi 19 juin de 14h à 17h
  • Vendredi 25 juin de 14h à 17h

 

Pour venir sur l'une de ces dates, il vous suffit de vous inscrire via notre formulaire :
Formulaire Portes Ouvertes. 

 


Partenariat inédit avec Imparato !

Dans cette période morose, nous sommes heureux de vous annoncer une bonne nouvelle !

La Manufacture de l'Acteur et Imparato proposent un partenariat pour nos élèves professionnels. Nous sommes fiers du partenariat mis en place avec l'application Imparato. L'appli qui donne la réplique et qui est donc bien utile pour l'apprentissage des textes !!

Tous nos élèves ont accès à un tarif ultra préférentiel pour télécharger l'application. Une fois l'appli téléchargée, il suffit d'importer son texte, sélectionner son personnage et Imparato donne la réplique sur les scènes à travailler ! Plus besoin de quémander les services d'une âme charitable pour nous faire répéter mille fois la même réplique...

Assimilez vos textes en un rien de temps
Imparato fait répéter les comédiens où, quand et comme ils le souhaitent.

🎧 Répétition à l'italienne avec 8 voix de qualité.

🎭 Bibliothèque de 458 textes classiques en libre accès.

⚗️ Intégration de vos propres textes.

🔗 Partage sécurisé et synchronisation de vos textes.

Pour en savoir plus, RDV sur le site d'Imparato : https://www.imparato.io/


Examens 2021 : les promos en scène !

Après un premier round d'examens sur dossiers, les élèves des promotions Labiche et Mnouchkine vont enfin pouvoir défendre leurs scènes cette semaine ! Une épreuve nous tient particulièrement à cœur : celle de la mise en scène des 1A par les 2A d’un texte dialogué de 5 minutes maximum d’un auteur tiré au sort. Et cette année, les élèves de 3ème année sont aussi mis à contribution en qualité de référents. Un beau moyen de créer du lien entre les différentes promotions et de développer des affinités artistiques !


Devant un jury composé de membres de l'équipe pédagogique, les scènes des élèves vont s'enchaîner au rythme du chrono : textes dialogués, parcours libres, scènes dialoguées du répertoire de 60 à 80 mots, et surprise du chef : interprétation d’une scène imposée fournie 3 jours avant la date des examens.  C'est vilain on sait... mais l'idée est simplement de préparer les élèves aux castings afin qu'ils s'exercent à travailler des textes fournis au dernier moment.

Bon courage à tous et vive le spectacle vivant !

 


Un janvier 100% ciné pour la Promo Labiche !

L'année commence derrière la caméra pour les élèves de deuxième année. Le réalisateur, monteur et comédien Laurent Dubesset a ouvert le bal avec deux semaines de training face caméra. Une intervention essentielle pour sensibiliser les jeunes comédiens à leur rapport à l'image et aux techniques de jeu face caméra.

Le directeur de casting Stéphane Gaillard a pris le relais avec une semaine de préparation aux castings. Fort de sa longue expérience des castings, il a fourni aux élèves les conseils et pièges à éviter au moment de rencontrer les professionnels de la réalisation.

Le mois cinéma s'est conclu en beauté avec deux semaines de tournage qui fourniront aux élèves un précieux matériel pour leur bande démo.

Action !!🎬 🎤🎧

 


Interview des élèves - Kévin Saenger

En ces temps où l'on étouffe derrière le masque, Kévin est une bouffée d'oxygène ! Une tornade d'énergie et de générosité dont l'équipe pédagogique de La Manufacture de l'Acteur se souvient encore :-) La rumeur circule d'ailleurs qu'il est la nouvelle muse de l'école...et bientôt du tout Paris !  Portrait chinois de notre mascotte franco-chilienne :

Qui es-tu ?

Kévin / Kiki / Queen K, pour vous servir. A 28 ans, je fais partie des doyens de la promo, mais je suis avant tout le rayon de soleil des salles de cours et le soupçon d’élégance de cette école. Donnez-moi un cookie et je serai votre plus fidèle ami.

Quel est ton parcours avant la Manufacture ? au sein de la Manufacture ?

Pendant 11 ans j’ai pratiqué le théâtre en amateur, sans penser en faire mon métier plus tard. Après le bac j’ai rejoint une école de commerce et arrêté le théâtre. C’est au bout de 5 ans que j’ai réalisé que ce que je pensais être un « hobby » était finalement bien plus important pour moi. En arrivant à Paris pour mon stage de fin d’études, j’ai décidé de remettre les pieds sur les planches dans un cours amateur. Puis dans le cadre de mon travail, j’ai pris le statut d'auto-entrepreneur. C’est là qu’a émergé l’idée de donner une chance à ma passion. J’ai recherché une école au programme complet, avec des horaires peu contraignants. J’ai rencontré le directeur de la Manufacture qui a répondu à mes questions, cette rencontre m’a convaincu de choisir cette école pour me former. Aujourd’hui je suis en 3ème année, et professeur pour les élèves débutants au Cours Clément. En bref, si on m’avait dit il y a quelques années que je ferai du théâtre à Paris, je vous aurais ri au nez, mais tout est possible !

Pourquoi faire du théâtre ?

Pour moi, la scène d’un théâtre est un lieu quasi-magique. On y voit la vie de personnages qu’on ne croisera jamais (ou tous les jours!) défiler sans pudeur sous nos yeux. Le théâtre est là pour nous apprendre quelque chose, c’est cette transmission de savoir et de morale que je trouve extraordinaire. On a la possibilité de partager une idée, d’éveiller des consciences. Au-delà d’un art, le théâtre est une arme. Et comme toute arme, il faut se former à l’utiliser.

Qu’est-ce que tu aimes à la Manufacture ?

La bienveillance des professeurs, le programme complet, la possibilité de réserver des salles pour répéter en dehors des horaires de cours, et la volonté de la direction de faire prendre conscience aux élèves qu’ils sont déjà des professionnels. J’apprécie énormément le fait que l’école donne également sa chance aux élèves dans le monde du travail : c’est une preuve que la direction croit en la formation qu’elle dispense (ce qui paraît évident, mais n’est pas toujours appliqué).

Qu’est-ce que l’école et/ou le théâtre t’a apporté ?

L’école m’a avant tout donné des points de référence solides à creuser. On aborde beaucoup de thématiques notamment grâce aux cours d’initiations thématiques (clown, caméra, maître d’armes, commedia dell’arte…), libre à nous d’approfondir nos connaissances dans les domaines qui nous intéressent le plus.
Aussi, à travers les examens, on a l’occasion d’expérimenter l’univers artistique d’autres personnes. La confrontation de deux mondes peut donner lieu à des rencontres formidables qui n’auraient pas été possibles dans un autre cadre que celui de l’expérimentation.

Une anecdote de théâtre au sein de la Manufacture ?

La fois où, en répétant une chorégraphie avec d’autres élèves, au mot-clé “dignité” j’ai craqué mon pantalon à l’entrejambe. Grâce et raffinement incarnés.

Un conseil à donner à ceux qui veulent rejoindre la Manufacture ?

Prenez plaisir à passer sur scène et faire vos expériences ! Le temps est compté quand on n’a que 2 ou 3 ans à passer dans une école, alors ce n’est plus le moment d’être frileux ! C’est en se confrontant à la scène qu’on découvre son univers.

Sur quoi tu aimerais progresser ou que tu aimerais explorer ?

Je souhaite progresser sur la sincérité du tragique, sans tomber dans le surjeu ou la sur-interprétation psychologique, mais en laissant la situation me guider vers une émotion juste. Et pour mon plaisir personnel, j’aimerais beaucoup jouer des personnages méchants avec un rire diabolique… Ah oui et bien sûr, j’adore jouer des personnages qui entendent des voix. Sinon dans la vie moi ça va, juré.

Quels sont tes objectifs ?

Pouvoir dire prochainement “Mes revenus proviennent à 100% de mon activité théâtrale”. Et me réveiller un beau matin en ayant épousé Hugh Jackman. D’ailleurs si quelqu’un connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît...

Portrait chinois :

Si tu étais une pièce de théâtre ? L’Actrice Empruntée de Fabrice Melquiot
Si tu étais un auteur de théâtre ? Federico Garcia Lorca
Si tu étais un.e comédien.ne ? Benedict Cumberbatch
Si tu étais un personnage ? Médée
Si tu étais un film ? Miracle en Alabama d’Arthur Penn
Si tu étais une réplique de film / théâtre ou citation ? « Si je le hais, Cléone? Il y va de ma gloire » dans Andromaque de Racine
Cinéma ou théâtre ? Théâtre
Fiction ou réalité ? Fiction
Classique ou contemporain ? Classiques revisités
César, Oscar, Molière ou Palme d’Or ? Molière d’abord, Palme d’Or ensuite pour pouvoir me pavaner à Cannes dans une robe sexy. Parce que oui, je veux porter une robe sexy sur les marches de Cannes, laissez-moi tranquille.
Comédie ou Tragédie ? Tragédie (j’ai un gros faible pour les pièces qui portent un message tragique mais dont le déroulé se prête au comique)
Monologue ou Dialogue ? Dialogue
Improviser ou suivre le texte ? Suivre le texte dans une certaine mesure, y ajouter un peu de sa patte perso !
Molière ou Shakespeare ? Shakespeare #dramaqueen


Interview des profs - Félix Philippart

Toujours d'humeur égale, tout en souplesse et vivacité d'esprit, Félix improvise comme il respire. Mais surtout il transmet sa discipline avec une ferveur communicative. Pédagogue hors pair, il insuffle le plaisir du jeu à ses élèves et les invite à être curieux de tout.
Interview avec un pilier de la Manuf'!

Quel est ton parcours professionnel et théâtral ?

Je suis originaire de Caen, en Normandie. J’ai grandi dans une famille bourgeoise qui m’a donc sensibilisé très jeune au théâtre. J’ai commencé par suivre des ateliers amateurs de théâtre et d’improvisation théâtrale à l’âge de 8 ans, où j’ai rencontré le professeur qui deviendrait mon mentor et un ami très proche, Ludovic Duchesne. Un type punk, hors de toutes conventions. J’ai continué sous son aile pendant des années. Après mon Bac, j’ai fait mes études au Conservatoire de Caen, sous la direction de Virginie Lacroix qui m’a sensibilisé aux écritures contemporaines.
Suite à la validation des mes études, j’ai immédiatement été recruté au sein d’une compagnie Normande d’improvisation théâtrale, la Compagnie Macédoine. C’est à cette même période que j’ai commencé à enseigner de manière régulière, et que j’ai découvert toute la passion que j’avais pour la transmission. Après près de 3 ans, j’ai décidé de quitter ma Normandie pour venir vivre à Paris, mais n’y possédant que très peu de contacts, j’ai choisi d’entamer à nouveau une formation professionnelle, afin de me créer ce réseau, si indispensable à notre travail. J’ai donc rejoint la Manufacture de l’Acteur, où j’ai eu comme professeurs ceux qui sont aujourd’hui mes collègues. En 2016, j’ai monté ma propre Compagnie artistique, la Cie PAF!, mêlant texte, improvisation et théâtre-forum. En 2018, je commence à travailler pour deux prestigieuses compagnies d’improvisation théâtrale : la Ligue Majeure d’Improvisation et Paris Impro. La même année, je suis engagé comme professeur de théâtre et d’improvisation théâtrale au Cours Clément et à la Manufacture de l’Acteur. Depuis, je continue d’enseigner avec passion et travaille également avec beaucoup d’autres compagnies, à Paris, en Normandie et en Nouvelle-Aquitaine, que ce soit pour des projets de mise en scène, de spectacles improvisés ou de théâtre-forum.

Comment décrirais-tu ta méthode de travail ?

Je suis irrémédiablement marqué à la fois par mes manières bourgeoises, héritées de ma famille, et par un léger état d’esprit punk, ou au moins Rock'n Roll insufflé par des personnalités comme Ludovic Duchesne, Virginie Lacroix, Rémi Chenylle, entre autres. Je me suis construit sur cette dichotomie, et c’est elle qui aujourd’hui me dicte ma méthode de travail. Il m’est insupportable de savoir que certain(e)s se sentiront toujours illégitimes à prendre la parole. Je fais donc tout ce qu’il m’est possible pour que mes élèves puissent s’approprier mes cours et ma pédagogie, qu’ils soient capables de la comprendre, de l’analyser, de l’adapter. Le plus important dans un apprentissage, c’est avant tout sa compréhension. Quel sens donner à tout cela. Je n’apporte aucune réponse à mes élèves, je ne fais que les guider, pour que leur construction professionnelle soit la plus complète possible, en tentant de leur apporter toute ma rigueur et mon exigence. C’est un métier difficile, pour lequel il faut avoir les épaules solides. Il faut donc être préparé à cela. Car ce travail, s’il est un plaisir, ne peut se dissocier d’un grand acharnement, d’une curiosité sans limites, et d’une exigence à toute épreuve, que ce soit sur un travail de texte ou d’improvisation théâtrale.

Quel est ton univers théâtral ? Les auteurs que tu aimes travailler ?

J’aime avant tout la langue française, pour ce qu’elle a de riche, de mélodieuse et d’élégante. J’ai donc un profond attachement pour le théâtre de Racine, car l’Alexandrin reste, à mon sens la métrique la plus merveilleuse, la plus précise et la plus belle de notre langue. J’y aime également ses personnages, pour leurs failles, et surtout pour leurs choix. J’aime les auteurs qui mettent en lumière la solitude, l’incompréhension, la révolte, les vices humains… Des auteurs comme Shakespeare, Carole Fréchette, Didier-Georges Gabily, Georg Büchner.
En improvisation, il nous est souvent demandé d’improviser "A la manière de" tel ou tel auteur. Il faut donc savoir trouver du plaisir à travailler tous les styles, tous les auteurs et tous les univers, pour nous les approprier par la suite.

Qu’est-ce que tu aimes dans l’enseignement ?

Découvrir mes élèves. Tout part d’eux ! Leur partager mon amour de mon métier, leur laisser la place de s’exprimer, de créer, tenter de leur inculquer la rigueur et le travail nécessaires à ce milieu. Apprendre à les connaitre, pour les aider à trouver leur manière de faire, à eux, qui leur soit propre. Il est nécessaire de comprendre qu’il y aura toujours autant de manières de faire du théâtre que de gens pour en faire. A chacun de trouver sa propre méthode. D’où l’intérêt d’une formation pluri-pédagogique, pour que chaque élève puisse choisir de s’approprier une première chose chez un professeur, une deuxième chose chez un autre professeur, une troisième chose chez un autre etc. afin de se construire sa propre méthode de travail, qui lui convienne et qu’il puisse à son tour transmettre.
Je suis très réticent aux "méthodes" toutes faites (les méthodes Meisner, Stanislavski, Brechtiennes, Johnstonniennes, Feldenkrais etc.), ou tout du moins, je suis très méfiant envers ceux qui en font parole d’évangile et les appliquent de manière rituelle, quasi sacrosainte. Ces méthodes peuvent avoir du bon, mais elles ne doivent pas être exclusives, sans quoi, l’acteur en perd toute spontanéité et toute authenticité.
Nous pratiquons un métier d’oralité, où la technique ne se trouve pas dans des livres scolaires. Il est donc nécessaire que la transmission de ce métier soit également orale et passe par la pratique. La technique est nécessaire, mais il faut savoir la dépasser. D’où l’importance de l’enseignement.

Quelles sont tes références ?

Robert Lepage, pour ses mises en scène audacieuses, esthétiques et tellement investies.

Robert Gravel, pour la vision qu’il avait de l’improvisation théâtrale et de ce que devait devenir cette discipline dans le milieu artistique. Également pour avoir accouché il y a seulement 40 ans d’un spectacle au TEM (Théâtre Expérimental de Montréal), qui aujourd’hui rayonne à l’international et est porteur de grandes valeurs humaines, artistiques et éthiques.

Meryl Streep, pour son incroyable amplitude, son intelligence de jeu, sa disponibilité évidente à ses directeurs d’acteurs, son engagement sans faille dans son travail et son plaisir à jouer, toujours palpable.

Alain Degois, dit "Papy" et Jean-Baptiste Chauvin, ainsi que l’ensemble de Déclic Théâtre, pour leur militantisme, leur passion et leur amour de la transmission.

Qu’est-ce tu aimes chez un.e comédien.ne ?  

Sa disponibilité et sa curiosité. Il faut avoir envie d’apprendre, de travailler, et être toujours prêt à évoluer. Le spectacle vivant, c’est un métier qui demande à être toujours en mouvement. Les comédiens doivent donc être prêts à être eux-mêmes en perpétuelle remise en question. Je ne cherche pas de comédien(ne) qui « fasse bien », mais plutôt quelqu’un qui « fasse le maximum ». Je n’aime pas les individualistes qui cherchent avant tout à tirer leur épingle du jeu, au détriment de leurs partenaires. Il n’est jamais question de faire une démonstration, mais bien de travailler ensemble. Ce métier, c’est toujours un sport d’équipe.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un comédien.ne ?

Sois à l’écoute, de tout, de tout le monde et tout le temps. Tu n’es jamais seul(e) et ce sont tes partenaires (qu’ils soient comédiens, techniciens, metteurs en scène, publics ou que sais-je encore) qui seront tes meilleures ressources de jeu.

Portrait chinois :

Si tu étais une pièce de théâtre ?
Hamlet. Classique, mais efficace.

Si tu étais un auteur de théâtre ?
Racine. Classique, mais efficace.

Si tu étais un.e comédien.ne ?
Robert Mitchum, peut-être…

Si tu étais un personnage de fiction ?
Antoine Doisnel. Mais apparemment, je ressemble davantage à D’Artagnan alors…

Si tu étais un film ?
"Blade Runner", de Ridley Scott. Ou "Volver" de Pedro Almodovar.

Si tu étais une réplique de film, de théâtre ou une citation ?
"Le problème avec les citations sur Internet, c’est qu’il est toujours compliqué de savoir si elles sont authentiques" - Napoléon Bonaparte

Cinéma ou théâtre ?
A jouer, théâtre. A voir, cinéma.

Fiction ou réalité ?
Réalité. Autrement, je me demande ce que nous lirions si nous vivions dans la fiction.

Classique ou contemporain ?
Les deux, pourquoi choisir ? Il y a du bon et du moins bon des deux côtés. Mais avec une légère préférence pour le classique car, du classique il ne nous reste aujourd’hui que le meilleur. Concernant le contemporain, le temps n’a pas encore fait le tri.

César, Oscar, Molière ou Palme d’Or ?
Aucun.

Comédie ou Tragédie ?
Je ne crois pas que cette distinction existe encore aujourd’hui… Il n’y a pas de tragédie sans comique et il n’y a pas de comédie sans tragique. Sinon, la mayonnaise ne prend pas.

Monologue ou Dialogue ?
Dialogue, toujours.

Improviser ou suivre le texte ?
Là, c’est Papa ou Maman… Tout dépend du spectacle d’abord, mais aussi du directeur d’acteur, du metteur en scène etc. Malgré mon amour de l’improvisation, j’aime suivre un texte. Il faut de la place pour les deux. Donc les deux, tant que c’est fait avec sérieux.

Molière ou Shakespeare ?
Shakespeare.


Interview des profs - Camille Lélu

Camille est la magicienne de l'équipe pédagogique. Les visages fermés et fatigués du début de cours finissent toujours par rayonner et les corps par occuper le plateau avec une assurance insoupçonnée au sortir d'une session de danse au Studio 61. Et ce grâce à l'approche généreuse et bienveillante qu'adopte Camille pour transmettre sa passion de la danse. Mais la magicienne sait garder une part de mystère, dans la vie tout comme dans cette interview-portrait... Laissons-nous ensorceler !

Quel est ton parcours professionnel et théâtral ?

Je suis danseuse professionnelle, professeur de danse diplômée d’état, formatrice EAT, professeur Handidanse et chorégraphe.
Je suis tombée dedans petite… Fille d’un prof de français/théâtreux/musicien et d’une mère éducatrice spécialisée puis psychologue/psychanalyste.

Comment décrirais-tu ta méthode de travail ?

Avec les acteurs, j’aime travailler sur l’exploration des possibilités du corps. Comment découvrir les champs de nuances entre lâcher-prise et maîtrise, comment tendre à rendre son entité sensible et disponible à soi, à l’autre, au jeu.

Quelles sont tes références ?

Mes références chorégraphiques mêlent Pina Bausch, Ohad Nahrin, Philippe Découflé, Sidi Larbi Cherkaoui, Akram Khan, Dimitris Papaioannou, Carolyn Carlson, Crystal Pite, Damien Jalet, Hofesh Shechter et tant d’autres !!

Qu’est-ce que tu aimes dans l’enseignement ?

L’exultation de l’élève qui trouve ses propres clés.

Qu’est-ce tu aimes chez un.e comédien.ne ?

Un cocktail de justesse et d’objet brut.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un.e comédien.ne ?

De dévorer de la culture et de se nourrir de sa vie.

Portrait chinois :

Si tu étais une pièce de théâtre ? "Cyrano de Bergerac"
Si tu étais un auteur de théâtre ? Jean Cocteau
Si tu étais un.e comédien.ne ? Buster Keaton
Si tu étais un personnage de fiction ? Pierrot
Si tu étais un film ? "Cabaret" de Bob Fosse
Si tu étais une réplique de film, de théâtre ou une citation ? "Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus" Pina bausch
Cinéma ou théâtre ? Cinéma
Fiction ou réalité ? Fiction
Classique ou contemporain ? Contemporain
César, Oscar, Molière ou Palme d’Or ? Sundance
Comédie ou Tragédie ? Tragédie
Monologue ou Dialogue ? Dialogue
Improviser ou suivre le texte ? Improviser
Molière ou Shakespeare ? Molière